Le temps des villages
La fête de Noël vue par un enfant arabe
Introduction:
Du point de vue de l'enfant arabe, d'en haut du balcon,
le lecteur est amené à contempler le va-et-vient dans
une ville illuminée pour la fête de Noël.
L'enfant en tant que spectateur garde ses distances à cette fête.
Parfois en compagnie de son père, les deux s'aiment bien, ils font
des remarques critiques à la fête qui n'est qu'apparemment
une fête
religieuse puisqu' ils observent le manque d'humanité parmi les
gens
de la ville.
Wir beziehen uns auf die Ausgabe Bibliothèque junior,
Cornelsen, Berlin 1995. (S. 1-12, Kapitel I-V).
Im Annex dieses Büchleins befindet sich eine Vokabelliste.
"Noël s'est terminé, puis le jour de l'an est arrivé.
Il s'est terminé,
lui aussi. Et la ville a repris son allure de croisière, son souffle
régulier.
Dans ses artères, la vie s'est remise à circuler comme dans
le lit d'une
rivière. Pendant les quinze derniers jours du mois de décembre,
la ville
était somptueuse. Des hommes avaient installé des sapins
majestueux
à chaque carrefour et des lampions au-dessus des rues qui faisaient
la
farandole entre les façades des immeubles, les vitrines des magasins
brillaient de joie, emmitouflées dans des papiers-cadeaux multicolores,
et les yeux des enfants faisaient des rêves arc-en-ciel." (...)
"Pendant quinze jours j'étais en vacances, je n'avais pas d'école.
J'allais le soir sur la grande place de la ville regarder tourner un manège
de chevaux de bois sur lesquels de petits enfants se crispaient" (....)
"Alors je suis allé au balcon qui donne sur la rue et j'ai
contemplé la ville
qui respirait devant moi. D'en haut, j'avais l'impression d'être
debout sur
le ventre d'une chose vivante, une pieuvre, un géant couché
ou quelque
chose comme ça...".
-Aujourd'hui, tout le monde est pressé, a fait remarquer mon père.
On ne sait pas où on va mais les gens y vont en courant. C'est la
ville.
Puis il a donné des sous au facteur pour la fête de tous les
facteurs du
monde et le porteur de courrier a pris congé, non sans nous souhaiter
un joyeux Noël.
-Merci, mais chez nous il n'y a pas de Noël, a rétorqué
mon père.
Nous sommes musulmans.
-C'est pour ca qu'on n'a pas de sapin à la maison, j'ai dit tristement,
en espérant qu'un jour cela change.
-Vous savez, dit le facteur en sortant sur le palier, Noël c'est pas
vraiment une fête religieuse, c'est juste une fête histoire
de faire la fête...
Moi, je crois pas en Dieu...s'il existait un Dieu, il n'y aurait pas toute
cette
misère dans le monde et tous ces clochards dans les rues!
Mon père a laissé dire le facteur. Puis il a refermé
la porte à double tour.
C'est pas à lui qu'on allait faire avaler des couleuvres!
Noël n'est pas une fête pour les musulmans, point c'est tout.
-Pourquoi tu as fermé la porte à double tour? j'ai demandé.
-Les cambrioleurs sont plus nerveux au moment des fêtes! il a dit
tranquillement."
Copyright 1997, Werner Kraft/Brigitte Miklitz Kraft>
Created: 2/13/97
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