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Schülerarbeit:
Jean Tarrou
Janine Hübner
Sa fonction
comme chroniqueur
L'amitié
entre Tarrou et Rieux
La signification
que la peste a pour lui
Jean Tarrou est
un homme encore jeune, de silhouette lourde et d'un visage massif et creux. Il a des yeux calmes et gris barrés d'épais sourcils.
Il est fumeur, il fréquente les danseurs espagnols d'Oran. Bien
qu'il n'y habite que depuis quelques semaines il est bien connu parmi les Oranais.
Ceux-ci le décrivent comme bonhomme, toujours souriant, comme "ami
de tous les plaisirs normaux sans en être l'esclave" (p.29).
On a aussi remarqué qu'il aime les baignades dans la mer. C'est
son plus grand plaisir. Au début, personne ne sait d'où il
vient ni pourquoi il est venu à Oran.
Tarrou, son rôle de chroniqueur
Tarrou est introduit dans un petit dialogue avec Rieux ans la première
partie du livre. Ensuite il ne réapparaît
longtemps pas, mais le narrateur fait usage
d'extraits de ses carnets pour introduire un autre point de vue sur la
peste et sa portée. Tarrou n'y parle que des banalités quotidiennes. (p.29 "Ses carnets...intéressant
personnage"). Ses histoires nous donnent une idée de l'humeur des Oranais, des
individus singuliers comme Cottard, le criminel. Dans le premier extrait
il nous présente deux hommes dans le tramway parlant de la mort de quelqu'un
d'autre (p.29, "Tu as bien connu...,..piston", p.30). Ce dialogue nous montre l'indifférence
des Oranais face aux autres et à la mort. En plus il décrit un homme qui passe son temps
à cracher sur des chats ( p.30,
"Tarrou semblait... il riait."). On peut bien voir que les Oranais se contentent
d'une vie simple et habituelle (p. 12, "..une ville sans soupçons...").
De
temps en temps le narrateur a recours aux récits de Tarrou croyant que celui
- ci peut mieux décrire les événements
et les changements dans la ville pestiférée. A travers ses notes
prises Tarrou caractérise et juge parmi autre le docteur Rieux.
(p.108 "C'est encore Tarrou qui donne l'image
la plus fidèle de notre vie alors."). Ainsi l'image de Rieux est
complétée. Vers la fin de la peste les notes de Tarrou semblent être moins objectives et aussi moins lisibles
(p.249, "A vrai dire... considérations personnelles."), une certaine
fatigue se reflète dans cette partie des carnets.
L'amitié entre Rieux et Tarrou
Tarrou réapparaît
dans la deuxième moitié du roman. Avec le docteur Rieux
il va voir le vieil asthmatique. Depuis cette visite Tarrou cherche la compagnie
du docteur et peu à peu ils deviennent des amis. Les deux ont
une relation très proche. Ça se montre un soir après
une visite chez le vieil asthmatique (p.231, "Puis il perçut...",
p. 322, "et de la peste."). Les deux hommes décident de prendre
une baignade dans la mer. Elle purifie les deux des charges qu'ils ont
à porter. Pour quelques heures ils se sentent libérés de la
peste; elle les a oubliés (p.232, "Quand ils aperçurent...il
fallait maintenant recommencer") leur semble-t-il. Cette baignade est un événement
qui rend plus profond leur amitié et qui est singulière à Oran
à cette époque-là. Normalement personne n'a le droit de
quitter la ville pour se baigner. Mais ils profitent de leur statut
extraordinaire. Pendant la baignade ils se confient leurs soucis et engagent une discussion sérieuse
sur la conception de la vie de Tarrou. A part de Rieux Tarrou fréquente Cottard,
un personnage secondaire du roman. Cottard estime sa compagnie parce que Tarrou se montre toujours cordial
avec lui sans faire allusion à son crime commis. Une personne
à qui Tarrou s'intéresse beaucoup c'est le vieil asthmatique.
Depuis sa première visite chez le malade il est fasciné de
son attitude face à la vie, à la peste et à Dieu. Le
vieil homme passe ses jours en transvasant des pois d'une marmite à
une autre. Il explique son comportement à Tarrou en disant que la
première moitié de la vie est pour vivre, pendant la deuxième
moitié l'homme attend la fin. Donc il ne faut rien faire pendant la deuxième
moitié de la vie puisqu'on pourrait mourir d'un moment à l'autre. Comme la vie
du vieux est marquée par l'habitude Tarrou dit qu'il est"un saint, si la sainteté est un ensemble
d'habitudes." (p.112).
Tarrou lui-même a compris qu'il
a vainement éviter d'être un pestiféré. Il sait alors que
cela est impossible. D'après lui le mal est en nous et en dehors de nous. Pour limiter
les dégâts, pour limiter sa propre culpabilité Tarrou aspire
à devenir un saint, mais un saint sans Dieu. Il ne croit pas en
Dieu bien que la sainteté l'attire ce qui est absurde. Finalement
il n' arrive
pas à son but malgré le bain symbolique à caractère purifiant.
La peste et ce qu'elle signifie pour Tarrou
Après
la visite chez l'asthmatique Tarrou se trouve sur le toit du bâtiment
seul avec Rieux. Tarrou donne son avis sur la peste. Avec cela il veut que
Rieux comprenne mieux sa façon d'agir. Pour Tarrou
la peste signifie la condamnation à mort. Il explique pourquoi. Un jour il avait assisté
aux cours d'assises où travaillait son père comme juge
d'instruction. Son
père l'avait invité à assister à un cas très important
en espérant que Tarrou
pourrait s'intéresser à son travail. Tarrou acceptait parce qu'il savait que c'était la volonté de son
père et qu'il le trouvait intéressant de voir
son père dans un autre rôle. En effet, ce jour-là l'avait
profondément marqué. Quand il avait vu l'accusé
il savait que celui -ci était coupable, mais il voyait aussi que
l'accusé regrettait de tout son cœur ce qu'il avait fait. Tarrou n'avait
que des yeux pour ce pauvre homme dont son père demandait la tête.
Tarrou savait que son père avait tort et qu'il ne pourrait jamais accepter
une telle punition. Tarrou décidait depuis ce moment-là de lutter contre la condamnation
à mort. Il voulait venger la mort de ce pauvre
accusé, "le hibou roux", comme il l'appelait. En conséquence
il décidait de faire de la politique pour combattre cette société
qui soutenait la condamnation à mort, la soi-disant "peste".
Après avoir participé
à plusieurs révoltes et guerres Tarrou a réalisé qu'il est devenu
un pestiféré lui-même puisqu'il avait soutenu les condamnations
des adversaires politiques. Selon lui la fin ne justifie jamais le recours
à la violence. Dès alors il a adopté un rôle d'observateur pour
éviter d`^etre de plus en plus coupable, pestiféré comme il le décrit. il
essaie detrouver la paix intérieure,
ce qui signifie pour lui aspirer à la sainteté. En effet la peste
a transformé Tarrou, elle l'a incité à réfléchir
et à lutter contre la peste, à redevenir un homme actif. D'ailleurs
c'était lui
qui avait l'idée de créer un service social pour décharger
les médecins. Il savait que le travail dans les services pourrait être
mortel. Mais il ne voulait plus accepter d'être coupable en restant les
bras ballants. Par contre, il croyait qu'en étant actif il se distinguait un peu
d'un pestiféré (p.146,"Cottard regardait....tout
essayé."). Donc l'individualiste Tarrou s'est transformé en rebelle. D'autant plus
sa mort nous semble curieuse et inutile .
La peste est
en train de se retirer, le nombre des morts baisse et on peut avoir de
l'espoir. C'est dans ce temps - là qu'un soir Rieux retourne à
la maison et trouve Tarrou malade. Il décide de le soigner chez
lui. Avec sa mère il s'occupe de son ami. Fait étrange, Tarrou renonce à
lutter de toutes ses forces contre sa maladie. Il pense que toute lutte sera en
vain. Rieux et sa mère veillent à son lit pour soulager ainsi son agonie. Pour Tarrou
la maladie est une punition ultimative d'être pestiféré lui-même.
Et après deux jours d'agonie il meurt détourné des autres, de la
vie, seul. Ce qui le distingue dans son agonie de Grand pourrait éclairer
la question de savoir si Camus laisse mourir des caractères trop
faibles. Tarrou accepte la maladie, la peste, il accepte l'agonie, il est trop las
de se révolter. Il s'y ajoute le fait qu'il n'a plus d'amour, d'espoir.
Pour lui, la vie paraît avoir perdu tout attrait. Il a goûté,
savouré le moment de bonheur que l'amitié profonde avec Rieux
lui avait apporté mais ce n'est pas une raison d'être qui
l'incite à lutter contre la maladie ou qui l'épargne de la
peste. Malgré l'évolution de Tarrou d'un observateur distant,
ironique même en concitoyen responsable et combatif, en un homme
qui prend l'initiative de combattre le fléau avec les autres, qui
est solidaire et qui se consacre entièrement à ce combat,
qui noue des liens amicaux avec Rieux, il reste vulnérable et est
l'une des dernières victimes de la peste.
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