La Peste d'Albert Camus
 
Einleitung
 
Inhalt
 
Schülerarbeiten
 
Des personnages modèles?
 
Le Docteur Rieux
 
Rieux et Rambert sur le Bonheur
 
Paneloux et Rieux après le second prêche
 
La Peste, un poème de 
R.Desnos (1944)
 
Aufgabenvorschläge und Antwortmöglichkeiten
 
La peste dans le roman
 
La peste, la lutte, la révolte contre le fléau
 
La peste, ce qu' elle apporte aux differents personnages du roman
 
Schülerarbeit:  Rieux et le christianisme   

Anne Lätermann 
30.12.98  

Dans une situationextrême comme l'épidémie de la peste à Oran, il y a plusieurs possibilités à expliquer le fléau. Pour ces explications l'attitude de l'homme face à la  religion joue un rôle important.  
 

Il y a deux attitudes contraires:  

1. L'homme croit à un Dieu tout-puissant qui est responsable du bien aussi que du mal. L'homme est innocent et, comme il ne peut pas changer son destin, il ne doit pas se révolter contre le fléau qui est la volonté divine.  

2. L'homme ne croit pas en Dieu. Il se définit comme un être libre qui doit se porter garant de ses actions et leurs conséquences en luttant contre les maux lui-même. Sous ces points de vue je vais analyser l'attitude du docteur Rieux face à Dieu, au christianisme et  au père Paneloux.  
 

Quelle est l'attitude de Rieux face à Dieu et au christianisme?  

Rieux ne croit pas en Dieu, il est athée et regarde le christianisme d'un œil critique 
(Tarrou: "Croyez-vous en Dieu, docteur?" Rieux: "Non, mais qu'est-ce que cela veut dire?", p.119).  

Rieux ne travaille pas pour le salut céleste de l'homme, mais pour sa santé terrestre (Paneloux:"Vous aussi vous travaillez pour le salut de l'homme." Rieux: "Le salut de l'homme est un trop grand mot pour moi. Je ne vais pas si loin. C'est sa santé qui m'intéresse, sa santé d'abord.", p.199).  

D'après Rieux, la réalité humaine et, par conséquent, la lutte active pour l'améliorer, sont plus importantes que des fausses espérances d'une vie dans l'au-delà. Il met le bien-être   et la santé sur terre au premier rang, il veut soigner la misère "avant de vouloir en   démontrer l'excellence" (p.119). Selon lui, la seule possibilité de combattre le fléau efficacement est une révolte active contre le mal.  

Le christianisme ne permet pas de révolte. Pour les chrétiens, Dieu est omnipotent et capable de déterminer le destin de tous les hommes, aussi des pestiférés. Donc il est inutile de lutter contre la maladie parce qu'elle est inévitablement prédestinée par Dieu. Si Rieux croyait en Dieu, il ne soignerait pas l'homme malade car son destin serait déjà décidé, soit avec ou sans le secours d'un médecin. La foi en Dieu l'empêcherait de s'occuper des corps et des vies terrestres au profit du salut dans l'au-delà.  

Rieux pense que son métier de médecin l'oblige à se concentrer sur les vies terrestres   des malades. Il veut guérir les hommes parce qu'il ne s'est pas habitué à la souffrance et    à la mort. Pour atteindre ce but il lui faut lutter activement contre les maux, une lutte qui signifie pour Rieux un combat en faveur de l'homme. Cette révolte a pour conséquence un détachement radical de la religion chrétienne qui réclame la soumission totale et fataliste.  

Rieux ne peut pas croire à un Dieu omnipotent qui permet ou même cause consciemment de la souffrance. Il préfère prendre la responsabilité lui-même en se concentrant sur son travail comme médecin sans laisser  à une volonté divine abstraite le soin de décider qui mourra et qui survivra au fléau.  

Rieux définit l'homme comme un être libre qui doit assumer la responsabilité des maux et qui doit lutter contre la souffrance et contre la mort; dans cette définition Dieu n'a pas de place. Rieux ne peut pas concevoir l'idée de la soumission sous une volonté divine, donc    il n'est pas du tout lié avec le christianisme.  
 

Quelle est l'attitude de Rieux face au père Paneloux, le représentant terrestre de Dieu et face à l'idée qu'il se fait de Dieu?  

En regardant les deux prêches du prêtre Paneloux on peut remarquer de grandes différences entre les points de vues de Rieux et Paneloux, ce qui souligne leurs idées contraires concernant la religion, son interprétation et l'image de Dieu.  

Dans son premier prêche (p.91-95) Paneloux constate que la peste ne concerne que les ennemis de Dieu. Son intention est de les forcer aux genoux. Donc la maladie n'atteint   que des pécheurs qui se sont reposés sur la miséricorde divine sans vraiment croire en Dieu (Paneloux: "Trop longtemps, ce monde a composé avec le mal, trop longtemps, il s'est reposé sur la miséricorde divine...le plus facile était de se laisser aller, la    miséricorde divine ferait le reste.", p.92).  

Rieux ne partage pas cet avis. Il a vu mourir trop d'innocents (même avant la mort de l'enfant du juge Othon) qu'il ne peut pas croire à une "séparation entre les justes et les injustes" (Paneloux:"Le fléau implacable battra le blé humain jusqu'à ce que la paille soit séparée du grain.", p.92). Etant médecin, Rieux sait qu'une maladie comme la peste n'épargne personne à cause de son innocence religieuse, mais qu'elle peut atteindre chacun indépendamment de sa foi. C'est la seule raison pour laquelle il décide d'essayer sur l'enfant Othonun nouveau sérum contre la peste pour sauver cet enfant innocent;  d'après Paneloux ça serait inutile.  

Selon Paneloux, la peste a aussi sa bienfaisance: elle montre la voie vers le principe de toute vie (Paneloux: "Elle [la peste] nous guide vers le silence essentiel et vers le principe de toute vie.", p.94/ 95). Pour lui, ce bon chemin est l'amour total de Dieu: les croyants doivent respecter les règles de Dieu, ils doivent l'aimer de tout leur cœur et aller à l'église plus souvent.  

Rieux est aussi de l'opinion que la peste a sa bienfaisance parce qu'elle force les gens à réfléchir. Mais il pense que c'est la même chose qu'avec toutes les maladies 
(Tarrou: "Vous pensez pourtant, comme Paneloux, que la peste a sa bienfaisance, qu'elle ouvre les yeux, qu'elle force à penser!" Rieux: "Comme toutes les maladies de ce monde.", p.119) et qu'elle rend les concernés capables de lutter contre tous les fléaux de ce monde, au-delà des visites plus régulières des services.  

Dans le premier prêche du père Paneloux l'image négative de Dieu domine. Selon Paneloux, Dieu prend vengeance et châtie en privant les méchants de la lumière divine. Etant déçu de l'homme et fatigué de l'attendre Dieu envoie la peste pour le punir (Paneloux: "Dieu qui, pendant si longtemps, a penché sur les hommes de cette ville son visage de pitié, lassé d'attendre, déçu dans son éternel espoir, vient de détourner son regard. Privés de la lumière de Dieu, nous voici pour longtemps dans les ténèbres de la peste!", p.92). Paneloux défend ce comportement avec l'explication que Dieu fait justice en distinguant entre les bons et les méchants, mais il ne néglige pas la brutalité de la punition des méchants.  

Rieux ne croît pas à l'image d'un Dieu juste car il sait de l'injustice des maladies. Ce qui reste de Dieu pour Rieux, c'est la brutalité. Pourquoi devrait-il croire à un Dieu brutal qui se venge de l'humanité infidèle? Pourquoi ne devrait-il pas avoir confiance en sa propre force comme médecin? Rieux préfère cette dernière voie parce qu'elle lui permet d'être actif sans s'en remettre à un Dieu dont l'existencene peut pas être prouvée. En plus, le fait que le prêtre Paneloux n'offre pas d'aide dans son prêche le gêne. Rieux préfère donner de l'aide pratique aux malades et leurs proches qui en ont besoin sans les abandonner avec l'explication qu'ils sont déjà abandonnés par Dieu.  

Dans son deuxième prêche (p.202-208) Paneloux a changé d'avis. Comme un enfant innocent mourait de la peste, il ne peut plus la considérer comme une punition pour les infidèles, mais il reste sur l'opinion que la maladie sert à élever les gens. Il dit qu'on doit consentir à ce mal sans mettre en question Dieu et sans chercher des explications. On  doit chercher son bénéfice dans le mal. Il réclame un fatalisme actif: tout chrétien doit s'en remettre aveuglement à une souffrance voulue par Dieu. Dans son second prêche le prêtre admet qu'il n'y a pas d'explications pour la peste, ce qui souligne que son interprétation du premier prêche était irréaliste. La mort de l'enfant Othon montre que Rieux avait raison: la maladie a maintenant atteint un enfant innocent qui n'avait jamais péché. La progression de la maladie le renforce dans son opinion que Dieu n'existe pas. A son avis Paneloux parle au nom d'une vérité trop abstraite qu'il a déclaré lui-même.  

Rieux ne peut pas accepter l'argumentation du prêtre profondément marquée par sa conviction religieuse parce qu'il proclame en tant qu'humaniste une vie libre et des conditions qui sont nécessaires pour garantir cette liberté. Considérant l'homme comme un être libre il refuse l'idée du christianisme et celle de Paneloux d'une volonté divine qui prédestine la vie humaine. Pour lui, le christianisme empêche les gens de développer leurs forces. Comme médecin engagé pour la santé de ses clients, il ne lui faut pas s'occuper de leur salut dans l'au-delà, mais de leur santé terrestre. Cela est seulement possible en refusant la conception fatale de l'homme de l'église chrétienne.  

En définitif, Albert Camus lui donne raison puisqu'il présente le prêtre comme un personnage contradictoire, déchiré surtout après son deuxième prêche. Paneloux espère lui aussi que l'enfant survivra, mais il sait aussi que Dieu décide de la vie et de la mort n'importe s'il nous révèle ses motifs ou non.Comme il ne peut pas et ne veut pas mettre en question l'existence d'un bon Dieu juste, il ne se permet pas d'aller jusqu'au bout dans ses réflexions: Pourtant ce sont ces doutes qui le rendent de plus en plus faible et le privent de toute volonté de vivre. Dans son agonie il interdit au docteur Rieux de soulager sa peine parce que l'image qu'il s'est faite de Dieu ne permet pas un deuxième être intervenant en faveur du bien de l'homme. (Voir son premier prêche dans lequel il reproche à Rieux de vouloir intervenir et détourner la volonté de Dieu par ses tentatives de guérir les pestiférés.) Donc il s'en remet à Dieu et meurt. C'est possible qu'il n'est pas mort de la peste et que Rieux l'aurait pu guérir. Mais le cas échéant Paneloux n'aurait plus pu se considérer comme un croyant fidèle. Donc il est logique qu'il meurt. Sa foi est inférieure à la conception de la vie de Rieux qui ne meurt ni tombe malade.  

Avec le personnage du docteur Rieux Albert Camus veut transmettre au lecteur l'image qu'il se fait soi-même de Dieu et du christianisme.  
  

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