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Paneloux
et Rieux après le second prêche
Rédigez un
dialogue entre Paneloux et Rieux qui a lieu après le second prêche
du prêtre. Au cours de ce dialogue Rieux reproche à Paneloux
d'être peu cohérent.
Rieux: Mon
cher Paneloux, je viens d'écouter votre prêche, et sachez
bien que je l'ai fait parce que vous y avez tellement tenu. D'autant plus
j´étais surpris de vous voir hésiter, embrouillé
dans votre discours.
Paneloux:
Ah docteur! Vous savez bien comment les derniers jours se sont passés
à Oran. C'est le désespoir et la résignation qui ont
pris le dessus. Depuis l'agonie interminable de l'enfant Othon il y a deuxjours...
Rieux: C'est
justement de cette victime innocente dont je voulais vous parler.Cette
mort nous a touchés tous. Elle vous a profondément bouleversé,
et il me paraît qu'elle a même ébranlé la structure
des vos explications (Erklärungsgefüge) Avouez que vous ayez
des doutes, cher prêtre! Comment pourriez-vous continuer à
tenir à vos convictions religieuses dans une situation pareilles?
Vous n'avez plus d'explications pour l'agonie de l'enfant innocent et vous
en êtes bien conscient.
Paneloux:
Pardonnez-moi, Rieux. Je me souviens des maintes dicussions que nous
avons engagées sur nos conceptions de la vie. Je le regrette sincèrement
que nous n'arrivions pas à trouver un terrain d'entente (einen gemeinsmaneNenner
finden) aussi petit qu'il soit. Tenez, mon cher docteur, notre engagement
n'a -t-il pas le même but? Le salut de l'homme.
Rieux: Mon
cher Paneloux, je respecte vos tentatives inlassables de me tirer dans
votre camp.Mais sachez que je lutte avant tout contre la mort, bien que
cette lutte vous paraisse absurde, mais c'est ma raison d'être. C'est
la santé de l'homme qui m'importe. Passons à un autre point.Ce
qui m'a étonné dans votre prêche c'est le ton sur lequel
vous vous êtes adressé à l'auditoire. Il était
tellement réfléchi et doux, cette fois-ci. Ce fait m'a rappelé
le premier prêche plein de reproches aux Oranais que vous avez accusés
coupables de leur misère. Avant vous paraissiez sûr de vous,et
ce qui est le plus important, épargné du fléau.Ce
n'étaient que les autres qui pourraient en être concernés.Maitenant
vous avez changé de point de vue. Vous avez choisi l'identification
avec nous. Chapeau, mon cher.
Néanmoins
permettez- moi cette question: n'avez-vous pas encore de doutes en Dieu?
Paneloux:
C'est si difficile à vous faire comprendre, vous qui ne voyez
que le sort terrestre de l'homme.Quant à moi, c'est comme si j'étais
dans une impasse. Il n'y a que deux choix à faire : soit que j'accepte
tout ce qui se passe, sans tenter d'y chercher ni une raison ni un sens
soit que je me détourne de Dieu. Il va de soi que je ne mets pas
en question la volonté de Dieu, je suis son serviteur dévoué
et fidèle.
Rieux: Quelle
attitude hypocrite, Paneloux. Avouez vos doutes, ayez le courage d' aller
jusqu'au bout. Ne vous bouchez pas les yeux et ne refoulez pas vos doutes
en faveur de votre soumission aveugle et humble à un Dieu dont vous
ne comprenez plus les actes ou les punitions.
Paneloux:
Laissez-moi, Rieux. Ne me tourmentez pas davantage. Je n'ai qu'un choix
à faire. Dans cette situation extrême il faut avoir quelque
chose à quoi tenir. Il faut aussi que l'homme se rende compte que
rien n'est donné. On lui demande sa soumission aveugle. L'amour
de Dieu est un amour difficile. Néanmoins il faut accepter les souffrances
tout en cherchant à apprendre ce qu'on peut y apprendre. J'admets
que la volonté divine n'est pas toujours à expliquer, nous
paraît de plus en plus incompréhensible, l'homme est demandé
de s'en remettre à Dieu, de consentir au fléau car tout mal
sert à nous élever.
Rieux: Allez,
si c'est vraiment votre conviction je renonce à mes tentatives de
vous illuminer (aufklären). De toute façon je vous recommande
d'être honnête
avec vous -même,
mon cher Paneloux et de ne plus continuer à vous faire d' illusions.(sich
nichts mehr vormachen). |
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Mon cher Paneloux,
ne soyez pas si têtu. Reconnaissez donc que toute cette situation
vous a embrouillé (verwirrt). Acceptez enfin vos doutes et réfléchissez
sans bornes! |
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