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Schülerarbeit:
Raymond Rambert
Imke Stark
Dans son roman
„La peste" Albert Camus présente les personnages les plus importants
déjà dans les premiers deux chapitres sans que le lecteur
en reçoive des portraits complets à la fois. Un de
ces personnages principaux est Raymond Rambert que je veux étudier
un peu plus près dans cette rédaction tenant compte avant
tout des aspects suivants:
· Rambert,
un homme réclamant le bonheur individuel
·Rambert
comme antagoniste du docteur Rieux
·Rambert
qui parcourt une évolution
·Rambert,
un personnage sympathique et proche du lecteur?
·Rambert,
son rôle dans le roman
·Rambert,
une des rares personnes qui survit. Pourquoi?
Raymond Rambert
est un journaliste parisien dans les 25, court de taille avec des
épaules épaisses qui lui donnent une expression vigoureuse
et forte. Ila un visage décidé avec des yeux intelligents
et clairs, porte des vêtements sportifs et semble à l`aise
dans la vie.
Quand le livre
aux pages 149 à 152 traite du rôle du bonheur c'est surtout
l'exigence résolue de Rambert qui frappe le lecteur. Affirmant
que le bonheur individuel fait le bien public il réclame l'humanité
et ne cesse pas de souligner que le bonheur individuel et l'amour comptent
le plus d´après lui.
Rambert vit le
conflit du bonheur et de la solidarité. Il continue à poursuivre
son but de rejoindre son amante, un but auquel il tient fortement, et bien
qu'il profite de la quarantaine pour faire preuve de la solidarité
et de l'amitié il est évident que son bonheur individuel
lui importe avant tout. Rambert fait preuve de la faculté de se
rapprocher de Rieux et Tarrou et aussi de Grand.
Sous cet angle
Rambert se révèle assez vite comme un antagoniste du docteur
Rieux car déjà aux pages 81 à 85 leurs conceptions
divergentes se font voir.
Dans l'extrait
il s'agit de la visite de Rambert chez Rieux pendant laquelle le journaliste
avance son désir de quitter la ville. Il se heurte au refus de Rieux
avec l'aide duquel il espérait pouvoir réaliser son projet
plus facilement. Rambert décrit sa situation en expliquant qu'il
se trouve à Oran seulement par hasard dû à une mission
de son journal pour lequel il enquête sur les conditions de
vie des Arabes. De plus, il dit qu'il s'y sent comme un étranger
sans aucun rapport à la ville. Il va de soi qu´il continue
à demander au docteur qu´il fasse un acte de l´humanité.
Il réclame son droit d'être avec sa femme aimée qui
se trouve en dehors d'Oran, en Europe.
Pourtant, bien
que Rieux puisse le comprendre il n'est pas prêt à permettre
une exception. Il justifie cette décision en se référant
à la loi qu'il faut respecter et au fait que Rambert n'est
pas le seul à être concerné par la fermeture de la
ville et la séparation de son amour.
A travers cette
attitude du docteur on comprend qu'il donne la primauté au bien
public tandis que Rambert est convaincu que c'est le bien individuel qui
fait le bien public. Rieux peut comprendre son interlocuteur néanmoins
il ne lui facilite pas la fuite clandestine. Il est d'avis
qu'il faut se soumettre à la quarantaine puisque la peste concerne
tous, même ceux qui vivent par hasard à Oran pendant cette
époque difficile.
Pourtant, il
faut mettre en évidence que ni l'un ni l'autre des deux hommes ne
tiennent à une conception fataliste ou non-réfléchie.
Rieux exprime
son hésitation et ses doutes aux pages 85 à 87 et comme le
dénouement du roman le montre, Rambert parcourt une évolution
remarquable qui vu son comportement initial était
vraiment imprévue. Pendant les premiers deux tiers du livre Rambert
entreprend perpétuellement des tentatives de fuite souhaitant de
toutes ses forces échapper à la ville pour retrouver
son amour. Pour lui la peste signifie essentiellement la perte
de l`amour et du bonheur, l'exil et la séparation de la femme
aimée. Dépourvu de toute hypocrisie Rambert explique franchement
ses raisons pour la fuite sans embellir sa situation. Déjà
avant son arrivée à Oran il a découvert que le seul
remède contre la peur humaine soit l'amour et le bonheur qui y est
lié. Donc, et il est fermement décidé de ne pas mourir
pour une idée abstraite, une idéologie comme il l'a vécue
dans la Guerre Civile d'Espagne. Avec cela il souligne que sa conception
de la vie base sur les expériences et déceptions déjà
vécues.
Au fil de ses
nombreuses tentatives de fuite Rambert se rend compte que lui qui connaît
la valeur du bonheur ne doit pas permettre que la peste domine la vie autour
de lui. Malgré ses efforts obstinés il commence à
être attaché à la ville jusqu'à ce qu'il reconnaisse
à la fin qu'on doit avoir honte d'être heureux tout
seul dans la misère des autres. Pour cette raison Rambert se juge
concerné par la peste comme tous les autres n'importe s'il est un
Oranais ou non. Depuis ce moment-là quitter la ville pour réaliser
son propre bonheur dans une telle situation extrême le gène.
De plus il a honte d'avancer ses désirs puisqu'il a appris
que Rieux lui-même s'est condamné à l'exil et à
vivre séparé de sa femme.
Bref, ce sont
le sentiment d'appartenance à la misère générale
et la honte d`être tout seul dans son bonheur qui laissent Rambert
prendre la décision d`offrir son aide aux formations sanitaires
et qui déclenchent successivement sa transformation d'un égoïste
en altruiste.
Il faut tenir
compte que cette évolution n'est pas un revirement d'opinion absolu.
A la page 191 Rambert explique «Rien au monde ne vaut qu'on se détourne
de ce qu'on aime et pourtant, moi aussi, je m'en détourne sans que
je puisse savoir pourquoi», en d'autres termes, l'évolution
de Rambert ne signifie pas l'abandon de ses conceptions de vie mais purement
la faculté de tenir compte de l'ampleur sociale du fléau
et de faire des sacrifices.
Rambert a cessé
de poursuivre l'idée du bonheur individuel, son soutien n'est qu'à
considérer comme une étape passagère au bonheur. Il
attend à ce qu'il puisse enfin rejoindre son amour. Entretemps il
se consacre aux formations sanitaires sans jamais perdre de vue son but.
Pourtant, il
est vrai qu'il a changé d'attitude pendant sa vie d'exil. Il est
devenu un homme altruiste sans savoir exactement expliquer pourquoi.
A mon avis cette
faculté de changer d'avis et de faire des sacrifices même
si cela signifie l'ajournement de sa propre volonté rend Rambert
très sympathique.
Pendant tout
le roman il n'arrête pas de souligner combien il tient à retrouver
sa maitresse et à réaliser son bonheur individuel avec elle.
Mais malgré ce désir ardent il est prêt à soutenir
ses collègues aux formations sanitaires d`une façon altruiste.
De plus, on pourrait
dire que Rambert est un des personnages le plus proche au lecteur.
A première vue il pourrait apparaître égocentrique
et sans égards aux autres, comme quelqu'un qui et néglige
leurs misères. Pourtant, dans une telle situation extrême
comme celle à Oran chacun de nous se transformerait en égoïste
ne voulant que sauver sa propre vie. En conséquence le lecteur commence
à comprendre Rambert et arrive à s'identifier avec lui assez
facilement car il n'est pas incrusté dans la nature humaine de supprimer
son propre bonheur.
Plus que Rieux
et Tarrou, Rambert incarne le sujet principal du livre, c'est-à-dire
la souffrance provoquée par la peste en isolant et séparant
tous ceux qui s'aiment. Que la séparation soit seulement transitoire
comme en cas de Rambert ou qu'elle soit définitive comme pour le
juge d'instruction monsieur Othan et son fils, la séparation détruit
l'espoir et le bonheur, la foi dans l'avenir et la valeur de la vie humaine.
Face à
une telle situation difficile on pourrait considérer le rôle
de Rambert comme le rôle d'une personne qui représente un
idéal d'éducation. A mon avis Rambert pourrait servir de
«guide» car il montre une possibilité comment se comporter
dans une situation extrême. Son attitude et sa volonté sont
basées sur des besoins humains, donc Rambert pourrait nous servir
de modèle. Le lecteur pourrait apprendre la nécessité
de tarder ses aspirations intimes au profit du bonheur collectif si la
situation demande ce sacrifice.
Reste à
réfléchir pourquoi c'est exactement Rambert qui appartient
aux gens survivant à la peste. Sous cet angle je le juge convenable
de renvoyer à la recherche sociale qui a développé
des idéals d'éducation distinguant cinq types principaux:
le conventionaliste, le résigné, le réaliste, le matérialiste
hédoniste et l`idéaliste. Tandis que le conventionaliste
tient aux valeurs anciennes mettant au premier rang la fierté nationale
et la religiosité le résigné se sent écrasé
par le changement des critères de valeur. Le matérialiste
hédoniste se donne de la peine pour vivre conforme à la société
de consommation tandis que l'idéaliste tient à se réaliser
pleinement. Le réaliste est le type favori pour l`idéal d`éducation
car grâce à ses qualités comme par exemple la conscience
de soi-même, la rationalité la sociabilité et sontalent
communicatif c'est un type sachant bien se débrouiller dans une
société individualiste.
De plus, le réaliste
allie des aspects différents concernant la manière de vivre,
et donc est rationaliste, hédoniste et idéaliste à
la fois.
Son estime des
aspects conservateurs l'intègre dans la société, il
s'efforce d'atteindre du succès ce qui lui donne du prestige et
finalement son idéalisme s'exprime dans l' intérêt
concernant le bonheur public. Tenant compte de ces informations Rambert
se révèle d'abord hédoniste en réclamant
son propre bonheur individuel qui pour lui consiste dans l'amour.
Pourtant, en
examinant son caractère de plus près on constate que Rambert
n'est pas seulement hédoniste mais aussi réaliste.
C'est un personnage
très complexe qui d'un côté réclame résolument
son bonheur individuel et l'amour, qui de l'autre côté
intervient aussi pour le bonheur public en soutenant les formations sanitaires,
et qui en même temps s'efforce d'atteindre du prestige en enquêtant
pour un grand journal parisien, mais qui sait aussi se faire des amis grâce
à sa solidarité avec les pestiférés.
Tous ces talents
laissent Rambert maîtriser les conditions de vie les plus différentes
car il est un personnage flexible qui ne se résigne pas rapidement
à son sort.
A mon avis Rambert
reconnaît sa responsabilité, il se rend compte que lui qui
connaît la valeur du bonheur ne doit pas permettre que la peste domine
la vie quotidienne ce qui l´a incité à prendre part
à la lutte des autres. Rambert a fait l'expérience que l'héroïsme
est mortel et que même la meilleure des idéologies ne peut
le justifier. Il se sent responsable d'éviter que la peste demande
de plus en plus de victimes, donc il soutient le combat contre le fléau.
Le fait que Rambert
est prêt à faire des sacrifices en reléguant ses désirs
personnels au second plan témoigne d`une force de caractère
énorme.
De plus, il a
un but concret dans sa vie, c'est-à-dire de réaliser son
bonheur et l'amour. Certainement ce but le stimule aussi à lutter
et à ne pas permettre que le fléau le vainque. En somme la
raison pour laquelle Rambert survit à la peste peut résider
dans sa force de caractère qui s'exprime aussi dans la citation
«un homme allant droit au but» (p. 18). Bien sûr il a
eu beaucoup de chance car comme tous les autres, Rambert était aussi
à la merci du risque de contagion.
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